Ce billet présente quelques points essentiels à anticiper pour proposer des ateliers d’arts visuels aux élèves. Mon but est de partager quelques trucs qui vous seront utiles, je l’espère, que vous soyez débutant, ou non. N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour déposer vos propres idées ou questions !

Certaines classes permettent d’organiser un coin peinture permanent, d’autres nécessitent de sortir et ranger le matériel à chaque séance, il faut, dans ce cas, organiser le matériel pour qu’il puisse être sorti et rangé le plus facilement possible. Dans tous les cas, il faudra prévoir :

  • Les plans de travail horizontaux (bref, les tables!). Ils servent à tout type de travaux : dessin, collage, impressions, modelages… L’organisation en îlots (plusieurs tables individuelles assemblées) est intéressante car elle permet aux élèves d’échanger, de co-piller leurs trouvailles, de collaborer. Pour les protéger,  j’ai personnellement adopté la toile cirée que l’on plie et déplie à l’envie, laissant les tables propres dessous. Attention, lorsque l’on frotte craies, crayons, fusain, le grain de la toile s’imprime et texturise le papier. Pour le dessin, il est donc plus judicieux d’utiliser du papier journal ou un sous-main cartonné (vieux calendrier par exemple) si l’on tient absolument à protéger les tables. Pour le modelage, il est précieux d’investir dans des plaques de médium découpées qui permettent de déplacer les sculptures sans les abîmer. Ce matériel peu coûteux (les magasins de bricolage proposent souvent la découpe gratuitement) peut être mis en commun par toute l’école. Pour apporter facilement une grande quantité de matériel, je prépare à l’avance tout le matériel nécessaire à l’atelier dans une grande boîte en plastique (vous savez les boîtes de rangement translucides vendues par un grand magasin de décor suédois). Supports, outils, matériaux, pots à remplir d’eau par les élèves, bocaux avec couvercle à visser (contenants très pratiques pour gouache, acrylique et encres), papiers cadeaux, magazines à découper… Tout est contenu dans la boîte.  Boîtes au trésor pour les élèves, éléments techniques du problème pour le maître, les boîtes sont des déclencheurs de recherche plastique : « Montrez-moi toute votre colère en n’utilisant que le matériel qui se trouve dans la boîte », « Avec le contenu de la boîte, montrez-nous la maison dont vous rêvez ».
  • Le plan incliné (chevalet) ou vertical. Peindre sur un plan vertical, c’est pouvoir bouger différemment, éprouver une liberté de mouvement, avoir une relation plus directe avec sa peinture, et aussi, prendre du recul et voir sa peinture sous différents angles. Si vous ne disposez pas de chevalet, vous pouvez offrir à vos élèves la possibilité de travailler debout en faisait poser un panneau de liège. Du papier journal pour protéger le panneau, éventuellement un morceau de toile cirée scotché au sol pour éviter les coulures et projections, des punaises pour tenir les peintures, et le tour est joué. Le papier journal scotché sur le panneau ou les chevalets restera une grande partie de l’année. Il a une double fonction : protéger le chevalet (les agents d’entretien vous diront merci),  et, en se couvrant de cadres peints de toutes les couleurs, il pourra être valorisé par collage dans des compositions en fin d’année. La peinture peut se trouver à quelques pas du chevalet, afin d’être partagée par tous les peintres et de les pousser à prendre du recul sur leur peinture. Mon père m’a fabriqué une table de peinture inspirée par celle d’Arno Stern : voir ici : https://www.arnostern.com/academie_du_jeudi/catalogue.pdf . Si vous ne pouvez pas avoir une table-palette, vous pouvez utiliser une table près du chevalet, protégée avec du papier journal ou une toile cirée, ou un petit chariot de cuisine roulant dont le fond est recouvert de carton.
  • Un point d’eau. Si on n’a pas de lavabo dans le local, l’enseignant remplit un seau. Cela permet de remplir les pots d’eau, de nettoyer les pinceaux, de rincer les mains grossièrement avant d’aller les nettoyer aux toilettes.
  • Un lieu accessible aux élèves pour ranger ou accrocher les indispensables tabliers. Les vieilles chemises d’hommes se récupèrent facilement, pensez à en demander aux parents. Elles peuvent être mises en commun entre deux classes pour pouvoir fournir un tablier par élève.
  •  Le séchage : il existe des sèche-dessin très pratiques que l’on peut faire installer dans sa classe. Sinon, une corde tendue sur un mur et des pinces à linge font l’affaire.
  • Le stockage des dessins est à penser dès le début de l’année. Les élèves peuvent fabriquer et décorer leur propre carton à dessin.
  • Les espaces d’affichage : pensez à organiser un espace « musée de classe » avec les reproductions des œuvres rencontrées. Un espace mémoire, avec les techniques explorées, les mélanges de couleurs… Des espaces d’exposition pour les productions des élèves, voir billet sur l’affichage :  http://limaginarium.ac-versailles.fr/2017/02/06/les-differents-roles-de-laffichage/
  • Le travail sur l’image : ordinateurs, tablettes proposent désormais des logiciels de dessin et de travail sur la photographie accessibles aux jeunes (et moins jeunes) enfants.